Depuis leurs origines…
Les Hommes ont toujours redouté une obscurité source de menaces et de dangers inconnus. La première lumière venue de la foudre s’abattant sur un arbre pour donner le feu, se révéla comme un moyen de protéger, d’éclairer et de chauffer. Succédant au silex les premières lampes découvertes sur les sites archéologiques reposent sur un même principe : un réservoir de graisse ou d’huile d’où émerge une mèche de textile. Pour ces lampes à huile selon les régions on utilise de l’huile d’origine végétale ( huile d’olive ), animale ( stéarine ) ou minérale ( naphte ). Au cours du Moyen-Âge apparaît la chandelle plus coûteuse mais plus éclairante et dont les utilisations s’adaptent à des besoins plus variés, bougeoir, lanterne ou réverbère. Sous le règne de François Ier ( 1515 – 1545 ) se font les premiers essais d’éclairage public dans le but d’assurer la sécurité des rues. Obligation est alors faite aux particuliers de placer une chandelle à chaque fenêtre, puis le Parlement impose d’installer un falot à chaque coin de rue de dix heures du soir à quatre heures du matin. C’est seulement en 1667 que naît l’éclairage public, car les bourgeois de Paris sont contraints de placer une lanterne tous les vingt mètres dans les rues de la capitale du vingt octobre au trente et un mars.A la fin du XVIIIème siècle, cet éclairage public s’améliore très nettement lorsque les réverbères sont équipés de miroir réfléchissant la lumière. A la même époque apparaissent les lampes à pétrole puis au XIXème siècle le gaz d’éclairage. C’est avec l’électricité, que les moyens d’éclairage se diversifient et se perfectionnent. L’entrée de l’électricité dans l’éclairage public français a eu lieu en février 1878. Alors que l’éclairage au gaz connaît de nombreux progrès à la même époque. C’est au début du XXème siècle, grâce aux travaux de Thomas Edison, que l’éclairage à l’électricité commencera à rivaliser avec l’éclairage au gaz. Après la première guerre mondiale, l’éclairage public à l’électricité commence à se répandre. Les dernières lanternes au gaz disparaîtront en France au milieu des années 1960. Entre 1950 et 1970, en France, la plupart des villes seront équipées de ballons fluorescents. Les premières lampes à vapeur de sodium à avoir été utilisées dans l’éclairage public étaient des lampes MAZDA. Ce type de lampe émet une lumière jaune-oeuf à teint rouge-orangé, elles prennent très vite la succession des lampes à incandescence, de part leur rendement bien plus avantageux et leur durée de vie bien plus longue. A partir de 1967 apparaissent les premières lampes dites « lampes à sodium haute pression ». Elles émettent un rayonnement lumineux blanc-chaud à teinte orangée. Les couleurs chaudes émises par ce nouveau type de lampes sont très rapidement appréciées. La première lampe à iodures métalliques a été mise sur le marché aux Etats-Unis par GENERAL ELECTRIC en 1961. Des travaux ont permis d’aboutir en 1965 à un résultat satisfaisant. La lampe émettait une lumière d’une couleur blanche à reflet bleuté. Leur éclairage avait l’avantage de posséder un rendu des couleurs excellent comparé aux sources existantes jusqu’alors. Jusqu’au début des années 1990, elles ont presque exclusivement été utilisées pour les très grands espaces nécessitant un éclairage de qualité à forte puissance, tels que les terrains de sports, les gymnases ou dans le cadre de concerts. L’amélioration technologique permet d’avoir des lampes dont le rendement lumineux est de 80lm à 100lm/Watt, avec des températures de couleur plus chaude. Elles sont utilisées de nos jours en éclairage publique. L’éclairage à Leds apparait au début des années 2000, et présente l’avantage de requérir une très faible consommation, dans le contexte d’une période où l’écologie et l’économie d’énergie sont des enjeux majeurs. Pour le moment le rendement lumineux des Leds reste inférieur aux lampes à iodure métallique, par contre elles ont une durée multipliée par cinq.
A Moulins …
C’est seulement à la fin du XVIIème siècle que Moulins fut éclairée par des lanternes, dans lesquelles brûlèrent des chandelles. Placées au coin des rues, ces lanternes étaient rares; leur entretien n’était pas onéreux ; mais, ayant reconnu ce mode d’éclairage insuffisant, la municipalité le remplaça. En 1783, le maire avait décidé qu’il serait distribué dans la ville trente réverbères à quatre becs et soixante-quinze à deux becs. Pour un souci d’économie « l’illumination » n’avait lieu que de novembre à avril. Même en hiver, les réverbères étaient éteints « une heure après le lever de la lune », sauf pour la nuit de Noel et celles du carnaval.En 1829, Moulins avait deux cent trois réverbères, avec 478 becs. Enfin lorsque, le 1 janvier 1844, l’éclairage au gaz remplaça l’éclairage à l’huile, le nombre des réverbères était de 297, suspendus au milieu de la rue, ces réverbères avaient l’inconvénient de se balancer et, parfois, de s’éteindre par les grands vents ; ils exigeaient un entretient journalier assez long, ils seront lui-même, supplanté par l’électricité.La Société Edison sollicitait l’autorisation d’installer sur la voirie municipale de Moulins, une ligne à « courants continus ». Cette autorisation, lui fut notifiée le 25 octobre 1891. C’est le premier janvier de l’année suivante le début de l’éclairage électrique à Moulins : les principaux cafés de la place d’Allier, ainsi que plusieurs négociants, ont adopté la nouvelle lumière, qui obtient un vif succès de curiosité. Une usine est installer aux Jardin Bas, près de la rue du Vert Galant, elle était composée d’une machine à vapeur 70 chevaux-vapeur (Sautter, Lemonier & Cie) tournant à 800 tours par minute. Deux lignes alimentaient, l’une place d’Allier, l’autre la rue de l’Horloge ; l’usine fonctionnait de la fin du jour à minuit.En 1895, une autre usine fut implantée à Yzeure, à la Croix du Retz (actuellement rue Ampère). Deux réseaux parallèles partaient de l’usine, jusqu’à l’avenue Meunier. Un circuit alimentait l’avenue Meunier, le boulevard Courtais, la rue Bertin, rue Delorme, place de la Liberté, rue Datas, rue du Four, rue des Bouchers, place aux Foire. Le second circuit concernait l’avenue de Chagny (rue Marcellin-Desboutin), la rue Nationale (avenue Théodore de Banville), les Cours et la rue des Fausses Braies. Il aurait été convenu que les cadrans de Jacquemart seraient éclairés par deux ampoules de seize bougies. Le courant était fourni pour la nuit, une demi-heure avant le coucher du soleil, et il était coupé une demi-heure après son lever. En 1913, la distribution électrique de la ville de Moulins fut entièrement transformée ; le courant arrivait de Montluçon par une ligne à haute tension de 20 000 V. A partir de cette époque, le service sera permanent, jour et nuit. Toutefois le courant n’était pas donné les dimanches et jours de fêtes.
